TND

Troubles du Neurodéveloppement et apprentissages

DES BESOINS SPECIFIQUES

Face à ces difficultés, chaque enfant présente un profil unique et un degré d'expression du trouble qui lui est propre. Il est possible et indispensable de mettre en place des aménagements pédagogiques adaptés (allégement de l'écrit, supports visuels aérés, limitation des situations de double tâche) pour contourner l'obstacle et préserver la motivation de l'élève.

Pour agir efficacement, la première étape consiste à effectuer une évaluation rigoureuse de la situation afin de comprendre comment l'enfant fonctionne. En présence de signes d'appel persistants (lenteur, maladresse, difficultés de lecture ou d'attention), il convient d'orienter les familles vers les professionnels de santé spécialisés (orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes, orthoptistes, neuropsychologues) afin d'objectiver la situation et d'unir nos compétences.

D'ABORD, UNE DIFFICULTÉ À AUTOMATISER LES COMPÉTENCES

Certains enfants souffrant de troubles spécifiques des apprentissages (TND) rencontrent d'importantes difficultés pour acquérir des automatismes. Là où d'autres élèves réalisent des tâches scolaires courantes sans y penser, ces enfants doivent conscientiser, planifier et contrôler volontairement chaque étape de leur action.

Mieux comprendre ce que cela implique au quotidien :

  • L’élève dyspraxique (TDC) : Le fait de tracer un trait à la règle demande un effort attentionnel. Il doit décomposer chaque étape : sortir la règle, prendre le crayon, positionner correctement ses doigts, plaquer la règle pour qu'elle ne glisse pas, maintenir la pression et guider le tracé. Ce geste, presque inconscient, absorbe une part importante de sa charge attentionnelle.

  • L’élève dyslexique : Déchiffrer un mot ne se fait pas d'un simple regard. Il doit identifier chaque lettre, se remémorer minutieusement le son correspondant (conversion graphème-phonème), puis faire l'effort conscient de combiner les deux pour fabriquer le son de la syllabe, et ainsi de suite.

  • L’élève dyscalculique : Le sens du nombre et les procédures de calcul ne sont pas intuitifs. Pour écrire le chiffre "7" ou résoudre une opération, il doit réaliser un travail conscient de transcodage (associer le symbole à sa quantité concrète) et suivre une suite d'étapes logiques rigides. Ce cheminement, immédiat pour d'autres camarades, exige de sa part une réflexion pas-à-pas systématique.

  • L’élève avec un TDAH : Filtrer les distractions n'a rien de naturel. N'ayant pas un système d'inhibition fonctionnel pour faire taire les perturbateurs visuels ou sonores de la classe (un bruit de couloir, un crayon qui tombe), il doit mobiliser une énergie constante pour s'arrêter, résister aux stimuli et se reconcentrer activement sur la consigne.

TSLE : TROUBLE SPECIFIQUE DU LANGAGE ECRIT (DYSLEXIE / DYSORTHOGRAPHIE)

TDC : TROUBLE DEVELOPPEMENTAL DE LA COORDINATION (DYSPRAXIE)

TSLO : TROUBLE SPECIFIQUE DU LANGAGE ORAL (DYPHASIE)

TDAH : DEficit de l'ATTENTION / HYPERACTIVITE

TSAM : TROUBLE SPECIFIQUE DES APPRENTISSAGES EN MATHEMATIQUES (DYSCALCULIE)

DES ELEVES FATIGABLES

L'absence d'automatismes crée un "goulot d'étranglement" attentionnel. L'attention et la mémoire de travail de l'enfant sont constamment saturées par des tâches de 1er niveau (tenir son crayon, décoder une lettre) au détriment des tâches de haut niveau (comprendre le sens d'un texte ou résoudre un problème).

Cette charge permanente est énergivore. Pour consolider une connaissance, le chemin est plus long et demande bien plus de répétitions. Souvent confronté à des efforts invisibles ou peu récompensés par les résultats, l'enfant s'épuise. Cette fatigue accumulée peut alors se manifester par du découragement, une perte d'estime de soi, de l'anxiété ou des réactions émotionnelles importantes avant, pendant ou après la classe.

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QU'EST-CE QU'ON FAIT AVEC LE PSYCHOPEDAGOGUE ?

Un espace de remédiation scolaire et de soutien aux familles, axé sur le plaisir d'apprendre, et non sur le trouble lui-même.

  • Faire le point sur les difficultés : Grâce à des outils d'évaluation comme le Bilan Psychopédagogique d'Accompagnement de l'Enfant (BPAE), j'analyse précisément les forces, les freins et le fonctionnement de l'enfant (attention, mémoire de travail, fonctions exécutives).

  • Un rôle de prévention : Le DSM-5 précise qu'un trouble spécifique des apprentissages ne peut être suspecté qu'après au moins 6 mois d'une remédiation ciblée et individualisée. Le psychopédagogue peut intervenir précisément à cette étape intermédiaire. Si l'élève progresse grâce à ces stratégies, nous comblons un simple retard scolaire ; si une résistance persiste malgré 6 mois de remédiation, nous pouvons alors préconiser des bilans plus spécifiques. Le psychopédagogue ne pose pas de diagnostic. Son rôle est pédagogique : un éclairage objectif sur la scolarité de l'élève et des propositions d'orientation si nécessaire.

  • Proposer des aménagements simples et concrets : Nous testons et sélectionnons ensemble des outils faciles à appliquer en classe et à la maison.

  • Une réponse aux réseaux saturés : Certains professionnels de santé (orthophonistes, neuropsychologues) sont parfois saturés, avec des listes d'attente importantes. En intervenant avant, on peut mettre en place des réponses adaptées.

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